Art. 30 (22 mars. 2004)

8 MARS : JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES

En 1977, l'Organisation des Nations Unies reconnaît officiellement la Journée Internationale des Femmes. Cette journée est l'occasion de faire le bilan sur les avancées (n.f. the advance) des droits de plus de la moitié de la population mondiale.

1 . Si l'ONU a déclaré le 8 mars Journée Internationale des Femmes dès 1977, ce n'est qu'en 1982 que cette date a été reconnue en France. Pourtant, à la Révolution française, en 1788, une Française, Olympe de Gouges refuse que la révolution se fasse sans les femmes et réclame (v.gr.1 to claim) pour elles l'égalité des droits. Dans son oeuvre (n.f. the work) "Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne" (citizen), elle plaide (v.gr.1 to plead) pour que les femmes participent à la vie politique . Elle souhaite pour toutes ses semblables (n.m/f the fellow man or woman), le droit de vote. Mais elle lutte aussi pour des causes très diverses allant de la libération des esclaves (n.m. the slave) à la création d'un théâtre national pour les femmes écrivains, pour la construction de maternités, l'institution du divorce, les droits des enfants orphelins et des mères célibataires (unmarried).
Femme de lettres, elle fréquente (v.gr.1 to see sb regularly) les plus grands noms de la littérature et de la philosophie. Elle tente (v.gr.1 to attempt) de faire admettre des revendications (n.f. the demand) progressistes qui sont souvent jugées trop originales pour son temps.
Ses écrits (n.m. the written document) ne plaisent pas aux intellectuels qui l'avaient d'abord accueillie et elle finit par être rejetée de ce milieu (n.m. the social sphere), principalement parce qu'elle est femme.
Elle est alors poursuivie (v.gr.3 to prosecute) pour ses écrits et meurt guillotinée en 1793.

2. Mais les idées d'Olympe de Gouges ne meurent pas avec elle, et au début du XIXème siècle, des femmes de tous les pays s'unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote.
La création d'une "Journée Internationale des Femmes" est proposée pour la première fois en 1910 lors de la Conférence Internationale des Femmes Socialistes. Mais ce n'est qu'à partir de 1917, avec la grève des ouvrières (n.f. the working woman) de St Pétersbourg que la tradition du 8 mars se met en place. Petit à petit (little by little), les mouvements de femmes se développent. Après 1945, le 8 mars devient une tradition dans le monde entier.
Entre-temps (meanwhile), les deux guerres mondiales obligent les femmes à prendre la place des hommes, alors dans l'armée (n.f. the army), et à faire leur travail dans l'agriculture et dans l'industrie. Elles ont l'occasion (n.f. the opportunity) de montrer (v.gr.1 to show) qu'elles aussi sont capables de faire un travail jusque (until) là réservé au sexe fort et d'occuper des postes à responsabilité. Elles veulent maintenant autre chose (something else) que la place des hommes sur le marché du travail : elles demandent les mêmes droits qu'eux. Dans beaucoup de pays, elles ne sont pas encore autorisées à voter, leur salaire (à travail égal avec un homme) reste inférieur, et elles ont besoin de l'autorisation de leur mari pour ouvrir un compte en banque.

3. En 2004, les femmes ont-elles obtenu ce qu'elles réclamaient il y a plus d'un demi-siècle?
Le droit de vote, en France, n'a été accordé officiellement aux femmes qu'en 1948, alors que dans la plupart des autres pays d'Europe, les femmes étaient autorisées à voter avant la Deuxième Guerre Mondiale.
Mais c'est la Suisse qui fait figure de lanterne rouge (n.f. the tail-ender), puisque le dernier canton à ouvrir les urnes aux femmes ne l'a fait qu'en 1990 !
En ce qui concerne les revendications des femmes en matière d' (as regards) égalité de salaire pour un travail identique, nous sommes loin d'y être parvenus puisque, en France, les femmes gagnent encore aujourd'hui, entre 25 et 30% de moins que les hommes pour le même travail.
Si on trouve des femmes chefs d'entreprise, aucune Française n'est à la tête des 100 entreprises françaises les plus importantes.
Les deux tiers des smicards* en France sont des femmes.
Professionnellement, les femmes sont pénalisées dans leur carrière (n.f. the career) par leurs maternités. Elles passent souvent plusieurs années en "arrêt d'activité professionnelle" pour s'occuper de leurs enfants en bas âge. Lorsqu'elles se retrouvent sur le marché de l'emploi (n.m. the employment), elles sont parfois obligées de repartir (v.gr.3 to start off again) d'un niveau plus bas que celui qu'elles ont quitté lors de leur congé maternité. Ces interruptions d'activité professionnelle ont aussi une conséquence sur leur retraite! Et comme elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, les dernières années de leur vie sont parfois difficiles financièrement car elles n'ont pas suffisamment cotisé (v.gr.1 to contribute) pour avoir une pension décente!

4. Pourtant, les femmes assurent la plupart du travail non-payé (travail domestique, participation aux travaux des champs, aide à leur conjoint (n.m. the spouse) dans les petites entreprises....) et sont souvent les seules à s'occuper du suivi scolaire des enfants. Elles jouent un rôle très important dans la transmission de la culture, alors que, deux tiers d'entre elles ne savent ni lire ni écrire. Et l'ONU ne prévoit (v.gr.3 to anticipate) aucun recul (n.m. the drop) de ce problème dans les vingt prochaines (next) années. Dans de nombreux pays où les enfants sont une source de main d'oeuvre, donc de rentrées financières pour la famille, s'il y a un choix à faire, ce sera le garçon (n.m. the boy) qui ira à l'école et la fille (n.f. the girl) qui travaillera comme domestique ou autres travaux, en plus d'aider sa mère à élever (v.gr.1 to bring up) les autres enfants. Sur les 130 millions d'enfants qui ne fréquentent pas du tout l'école, les deux tiers sont des filles. La route est encore longue, mais les femmes ne baissent pas les bras! (v.gr.1 to give up/to throw in the sponge)

Une femme vivant en couple et travaillant à plein temps dispose d'un quart de temps libre de moins que son compagnon! Espérons que, dans les années à venir, il n'y aura pas qu'UNE Journée des Femmes par an!

*Smicard : personne qui gagne le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance (n.f. the growth)) soit au 1er juillet 2003 : 1090 euros brut (gross) par mois pour 35H de travail hebdomadaire



ENEFF 2004