Art. 28 (25 fév. 2004)

GRIPPE AVIAIRE : un nouveau fléau

Un an après le SRAS, un nouveau virus s'abat sur l'Asie du Sud-Est et se propage jusque sur le continent américain

1. "Cas isolés, nouveaux foyers (n.m. the source), épidémie (n.f. the epidemic), mises en garde (n.f. the warning), précautions, état d'alerte, plans d'urgence, décès..." nous voilà replongés dans la situation que nous avons connue l'an dernier avec l'apparition du SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) qui nous venait d'Asie du Sud-Est et qui a causé la mort de 800 personnes en 2003.
Cette fois encore, le virus nous arrive de cette partie du monde : Thaïlande, Chine, Vietnam, Corée du sud, Japon... au total dix pays du sud-est asiatique sont actuellement touchés par le virus H5N1.
Une autre forme de virus, moins virulente, de cette grippe (n.f. the influenza): le H7, est apparue récemment au Canada et aux Etats-Unis. Certains redoutent que ce virus ne provoque une épidémie plus grave que celle du SRAS, même si jusqu'à présent, les cas mortels pour l'homme ne sont pas très nombreux (on en dénombre (v.gr.1 to count) 22 à ce jour).
La grippe "du poulet (n.m. the chicken) " touche particulièrement les oiseaux (n.m. the bird): poulets essentiellement, mais aussi dindons (n.m. the turkey(cock)), pintades (n.f. the guinea fowl) et tous les animaux à plumes (n.f. the feather).
Les concours de pigeons voyageurs (n.m. the carrier pigeon), soupçonnés de véhiculer (v.gr.1 to transport) le virus ont été interdits dans plusieurs villes de Chine, au grand regret des 300 000 Chinois passionnés de cette activité!
Les poulets, eux, ont été tués : 50 millions!


2. Pour un pays comme la Thaïlande les poulets sont une source de revenus très importante. L'an dernier, la Thaïlande, premier producteur de volaille au monde, a exporté 540 000 tonnes de poulets (ce qui représente près d'un milliard d'euros). Rien d'étonnant que certains soupçonnent le gouvernement thaïlandais, pour des raisons économiques ou pour éviter une panique parmi la population, d'avoir dissimulé (v.gr.1 to hide) l'épidémie pendant deux mois, en la qualifiant de simple épidémie de choléra. L'Union européenne et le Japon, respectivement second et premier pays importateurs de poulets thaïlandais (plus de 30% de la production sont achetés par l'Union européenne), ont décidé d'interdire l'importation en provenance de Thaïlande, de volaille (n.f. the poultry) (fraîche ou congelée), de préparations et de produits à base de viande de volaille ainsi que d'oeufs de consommation.
D'autres pays, comme la Chine, Hong Kong, Singapour et le Japon ont également interdit l'importation de volaille des Etats-Unis et du Canada!

3. Comment le virus de la grippe aviaire menace-t-il l'homme?
Cette grippe est causée par un virus essentiellement transmis par les fientes (n.f. the dropping) des volailles contaminées. La transmission de l'espèce animale à l'espèce humaine se fait par inhalation du virus H5N1 en suspension dans l'air et provenant des déjections (n.f. the faeces) des volatiles (n.m. the bird) infectés, morts ou vivants. Toutefois, selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le fait de cuire (v.gr.3 to cook) ou d'ébouillanter (v.gr.1 to scald) la volaille tue le virus. Seules les personnes qui ont un contact direct avec les poulets vivants seraient exposées.
Ce virus, qui apparaît sous différentes souches (n.f. the strain) parfois mortelles dans 100% des cas, n'est pas nouveau. Il a été identifié il y a une centaine d'années en Italie. C'est une infection virale contagieuse qui frappe les animaux à plumes, principalement les poulets, dindons et pintades.
Dans les années '80, les Etats-Unis ont été confrontés à une souche du virus dont le taux de mortalité atteignait 90%. Ils ont été forcés de procéder à l'abattage (n.m. the slaughtering) de 17 millions de poulets.
L'épidémie actuelle a probablement commencé en Chine du Sud il y a un an, selon l'hebdomadaire (n.m. the weekly magazine) britannique New Scientist. Le virus pourrait être arrivé en Asie du Sud-Est par les oiseaux migrateurs.

4. Les personnes contaminées présentent dans les premiers temps des symptômes qui ressemblent à ceux de la grippe commune : fièvre, toux, maux (n.m. the ache) de gorge (n.f. the throat), douleurs musculaires, conjonctivites ou difficultés respiratoires.
Si le virus infectait une personne porteuse de la grippe et se transformait génétiquement pour devenir transmissible à l'homme, le risque d'épidémie serait élevé.
La menace principale provient du porc qui vit souvent à proximité de la volaille. Il est susceptible d'abriter (v.gr.1 to house) dans son organisme des formes virales à la fois aviaires et humaines. Il constitue donc le terrain idéal pour un échange de matériel génétique entre les deux virus. La forme aviaire pourrait alors muter et devenir transmissible d'un humain à un autre.

5. Comme dans le cas de l'épidémie de la vache folle qui a vu la disparition d'une partie importante du bétail (n.m. the cattle) bovin, l'abattage massif de la volaille et la mise en quarantaine des fermes avicoles contaminées sont les premières mesures prises pour enrayer (v.gr.1 to arrest) l'épidémie. Mais, selon la FAO (Food and Agriculture Organization), il faut aussi prendre des mesures d'hygiène très strictes, éviter le contact avec des oiseaux sauvages et bien sûr, ne pas consommer d'oeufs crus (raw) ou de volaille insuffisamment cuite (température d'au moins 70°C).
Certains aéroports ont décidé de renforcer le contrôle des passagers en provenance de pays contaminés et qui présentent les symptômes de la grippe.

6. L'OMS a toutefois annoncé une bonne nouvelle : un vaccin destiné à protéger l'homme contre le virus aviaire. Un prototype viral pourrait être disponible pour l'industrie pharmaceutique dans environ quatre semaines, mais pas encore prêt pour l'utilisation par l'homme. Le"Centre for Disease Control and Prevention" (CDC) estime que quatre mois seront nécessaires pour développer un nouveau vaccin et le produire en quantités suffisantes.

Aux dernières nouvelles, le virus H5N1 de la grippe aviaire, pour la première fois, a été détecté le 20 février 2004 en Thaïlande chez des félins (n.m. the feline) : une panthère et deux chats (n.m. the cat) domestiques qui sont morts et un tigre blanc qui est guéri. L'OMS attend le résultat des examens effectués avant de faire connaître ses conclusions.



ENEFF 2004