Art.15 (03 oct. 2003)

EUTHANASIE

La mort d'un jeune accidenté, handicapé à vie, remet à la une des média, le douloureux sujet de l'euthanasie

1. Printemps 2 003, la France s'émeut (v. gr. 3 to be touched/moved) lorsque les radios et les télévisions diffusent (v. gr. 1 to broadcast) l'information concernant la lettre adressée par Vincent Humbert au Président de la République française, M. Jacques Chirac. Avant cette date, personne n'avait entendu parler de ce jeune homme, âgé de 22 ans en cet automne 2 003, victime d'un grave accident de la route en 2 000, tétraplégique (quadriplegic), muet (dumb) et aveugle (blind) qui terminait sa vie dans un hôpital, dans d'atroces souffrances (n. f. the suffering/pain). Personne dans l'équipe médicale soignante (v. soigner gr. 1 to treat) ne pouvait l'aider à mettre fin à son calvaire (n.m. the ordeal), puisque l'euthanasie en France est illégale. Il a donc écrit, avec son pouce (the thumb), une lettre courte au Président lui demandant non pas la grâce de sa vie, mais celle de sa mort. En bref, qu'on l'aide à mettre fin à ses jours. Grâce refusée.
Fin septembre 2 003, le sujet est de nouveau d'actualité, car sur son insistance, sa mère a finalement accédé à sa demande. Le produit qu'elle lui a administré à l'hôpital a provoqué un coma, mais il est mort quelques jours plus tard.

2. En ce printemps 2 003, le sujet brûlant de l'euthanasie était donc revenu sur le tapis (v. revenir gr. 3 to come up), et certains parlementaires avaient demandé qu'une loi soit votée pour sa légalisation. La loi n'a pas été proposée, et l'affaire Humbert ranime (v. gr. 1 to rekindle) la polémique!
Est-ce qu'une fois encore ce ne sera qu'un feu de paille (n. m. a flash in the pan)? Ou bien la France, enfin, va-t-elle légiférer (v. gr. 1 to legislate) sur le sujet?
A ce jour, plusieurs cas d'euthanasie prouvée ont été jugés avec clémence, et les Français pour la plupart sont favorables à sa dépénalisation . Parmi les médecins, les jeunes en particulier, n'y sont pas opposés. Mais les parlementaires, eux, dans leur ensemble, pencheraient (v. gr. 1 to incline toward sth) plutôt pour un statu quo, et la question est loin d'être réglée!

3. En attendant, les discussions vont bon train (v. gr. 1 to go at a good pace)! Faut-il continuer à laisser souffrir un malade contre sa volonté (n.f. the wish)? Peut-on lui refuser de mourir dans la dignité? Faut-il que le médecin passe lui-même à l'acte et mette fin à la vie? Ou bien est-ce différent, "moins grave", donc moins punissable si c'est le malade qui prend lui-même le poison, ou appuie (v. appuyer gr. 1 to press) sur la seringue (n.f. the syringe)? (on parle alors de suicide assisté, autorisé dans l'Etat de l'Oregon et en Suisse, sous certaines conditions).
Mais souvent le malade se trouve dans l'incapacité physique totale de mettre fin lui-même à ses jours, alors qu'il en a clairement exprimé le souhait. S'il en était capable, il se suiciderait. Le suicide, lui, n'est pas puni, et l'IVG (interruption volontaire de grossesse (n.f. the pregnancy) ) est légale depuis la loi Veil de 1 975. Beaucoup ne voient pas la différence avec l'euthanasie assimilée à un crime!

4. Tout cela conduit à des interventions dans la clandestinité. On estime qu'il y en a entre 1 500 et 2 000 chaque année en France.
Ces interventions ont lieu aux Pays-Bas ou en Belgique, les seuls pays autorisant depuis peu l'euthanasie et le suicide assisté (en l'an 2 000 pour les Pays-Bas, en 2 002 pour la Belgique). Mais les conditions d'application sont strictes! Il faut que le patient en fasse clairement la demande et qu'il soit atteint de "souffrances insupportables et sans perspective d'amélioration". Il ne suffit pas que la personne soit seulement "lasse (tired/weary) de vivre"!
En Oregon, le suicide assisté n'est possible (depuis 1994) que pour des personnes de plus de 18 ans, incurables, et dont la survie est estimée à 6 mois au plus. Au Canada, quatre Etats reconnaissent la légalité du testament de vie par lequel un patient autorise les médecins à arrêter tout traitement. Il apparaît donc que les pays qui ont légalisé l'euthanasie, l'ont fait avec prudence, et en ayant soin (v. gr. 3 to take care of) de bien l'encadrer! Pas question de mettre fin à la vie de quelqu'un parce qu'il est vieux et encombrant (unwanted), ou handicapé, s'il n'est pas d'accord! On espère ainsi éviter les possibles dérives (n.f. the drift), comme par exemple d'utiliser ce moyen pour économiser sur les dépenses de santé!


5. Que faire alors, face à ce drame? Accéder au refus de l'acharnement thérapeutique (n.m. the use of intensive medication) exprimé par les patients ou la famille, et prodiguer des soins palliatifs tout en accompagnant le patient dans la dernière phase de sa vie? Pourquoi pas? Depuis la loi de 1 999, chacun a le droit d'accéder aux soins palliatifs et les proches sont même autorisés à prendre un congé d'accompagnement. Ce congé, prévu par le Code du Travail (n.m. the Employment Law) est de 3 mois maximum, non rémunéré (paid for), pour un parent ou une personne vivant dans le même foyer que le malade. Mais cette possibilité est peu connue du public, donc peu utilisée. D'autre part, les soins palliatifs sont trop limités (soignants, lits, équipement). Il faut donc recourir aux associations pour aider les personnes en phase terminale. Associations qui se développent heureusement de plus en plus!

6. Mais pourquoi souhaite-t-on mourir? Et ce refus de la vie persiste-t-il si la douleur (n.f. the pain) disparaît et si on se sent entouré? C'est un des arguments des opposants (n.m. the opponent) à l'euthanasie qui préconisent (v. gr. 1 to recommend) une lutte contre la douleur plus efficace. Il s'avère (v. gr. 1 to be proved) que dans 90% des cas, si elle est bien traitée, le désir de vivre est le plus fort!

Ce sujet extrêmement sensible n'a pas fini de faire couler de l'encre (v. gr. 3 to be much written about) et de faire l'objet de discussions animées! Si le 14è amendement de la Constitution américaine stipule que : "Un adulte sain d'esprit a totalement le droit de choisir une mort humaine et digne", tous ne semblent pas d'accord pour respecter ce droit. Arguments religieux, politiques, médicaux, sociaux, économiques, ou tout simplement humains ? Chacun jugera en son âme et conscience (to the best of his knowledge and belief)

 

ENEFF 2003