Art. 63 (15 novembre 2005)


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LA VIOLENCE URBAINE

A la suite de la mort de deux jeunes dans la banlieue de Paris, de violentes émeutes secouent la capitale depuis fin octobre et s'étendent à d'autres régions de France.

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1. Le 27 octobre dernier, deux jeunes de Clichy-Sous-Bois (17 ans et 15 ans) essayaient d'échapper à la police. Ils sont entrés dans un transformateur EDF et ont été électrocutés. Leur mort a provoqué des réactions violentes de la part de jeunes de la ville (jets de pierres ou de cocktails Molotov, tirs à balles réelles, attaques contre les forces de l'ordre). Chaque nuit, des affrontements ont lieu avec les forces de l’ordre, et des voitures ou des bâtiments sont incendiés. Des entrepôts, des casernes de pompiers, des centres administratifs, et même des écoles sont la cible des émeutiers qui se déplacent très vite d'un lieu à un autre.
Une certaine psychose s'installe dans la population des villes touchées : des conducteurs de transports en commun refusent d'assurer leur travail, des commerçants hésitent à ouvrir leurs magasins, des écoles qui ont été brûlées ne réouvrent pas faute de local. La presse internationale fait une large place à ces événements et les touristes commencent à se demander si la France est un pays où l'on est en sécurité!
Le Gouvernement français a bien de la peine à maîtriser cette violence.

2. Le Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy veut réprimer sévèrement tout acte de violence et "nettoyer les banlieues", le Premier Ministre, Dominique de Villepin, lui, souhaite établir un dialogue avec les populations de ces zones défavorisées et s'attaquer aux causes profondes du problème.
Ce n'est pas une situation nouvelle et plusieurs villes de France, notamment Paris, Lyon et Strasbourg ont vécu ce drame ces dernières années. Des mesures ont été prises pour renforcer la surveillance des zones "chaudes". On a mis en place des équipes de proximité pour faire régner l'ordre. Mais est-ce bien la solution?

3. Pour deux tiers des Français le chômage et la démission des parents sont les causes principales de la violence des jeunes. Deux tiers aussi pensent que la solution est le renforcement des forces de police et de la répression, mais un tiers suggère la discussion et la mise en place de programmes pour l'intégration des jeunes immigrés, en majorité d'origine maghrébine ou africaine, dans le monde de l'emploi. Ces jeunes vivent souvent dans des immeubles insalubres, sans espace vert, sans équipements sportifs, sans encadrement de leurs loisirs. Ils ont beaucoup de problèmes scolaires et peu d'emplois leur sont proposés. Leurs parents eux-mêmes sont souvent chômeurs. Très vite la drogue s'installe et pour s'en procurer, les jeunes volent et finissent parfois par tuer. C'est l'engrenage.

4. Pour en sortir, il faudrait peut-être : rétablir les valeurs civiques, l'autorité des parents et celle des enseignants, construire des logements sociaux accessibles aux moins favorisés, mettre en place des programmes de formation qui mènent à des emplois concrets dans des professions où il existe une pénurie de main-d'oeuvre (comme les services ou le bâtiment), lutter contre la drogue en punissant plus sévèrement les gros trafiquants, remettre en vigueur une sorte de service civil en remplacement du service militaire qui a été aboli. Un lourd programme!

Les jeunes seront-ils assez forts pour s'en sortir si on leur donne une chance? Leurs familles elles-mêmes essaient de leur faire entendre raison. L'avenir nous le dira -peut-être.

ENEFF 2005