Art. 54 (28 mai 2005)


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LES BIBLIOTHEQUES NUMERIQUES

L'Europe se mobilise pour lancer un grand projet de bibliothèque numérique européenne et relever le défi de Google.

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1. Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher l'information mais les accès aux collections des bibliothèques ne sont pas toujours faciles, à cause de la distance ou encore parce que les livres anciens -fragiles et précieux- ne sont pas mis entre toutes les mains. C'est pourquoi, de plus en plus souvent, les documents sont scannés et conservés sur des supports numériques. On peut alors les consulter librement sur le web.

2. Fin 2004, Google a passé des accords avec les bibliothèques des universités américaines d'Harvard, de Stanford, du Michigan, l'Université britannique d'Oxford et la Bibliothèque de New York pour mettre en ligne d'ici 2015, une quinzaine de millions d'ouvrages (près de 4,5 milliards de pages scannées), un véritable travail de fourmis! Coût total : entre 150 et 200 millions de dollars.
Seuls les livres les plus anciens, ceux qui sont tombés dans le domaine public et donc exempts de droits d'auteur, seront intégralement consultables sur Internet. Pour les autres, on ne donnera que des extraits et les références. Des liens renverront au libraire en ligne Amazon et aux bibliothèques où on peut emprunter ces livres. Certains pensent que cela incitera à l'achat des livres et sera donc positif pour les éditeurs.

3. Ce grand projet n'est pas vraiment expérimental. En effet, Gallica, le site web de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) propose déjà l'accès gratuit à 70 000 ouvrages numérisés et à plus de 80 000 images. Chaque mois, environ un million de consultations sont enregistrées, bien plus que dans une bibliothèque traditionnelle.
Une autre grande cyberbibliothèque The Internet Archive, basée à San Francisco propose un million d'ouvrages ainsi que des films et des sons provenant de grandes bibliothèques des Etats-Unis, du Canada, d'Egypte, d'Inde et des Pays-Bas.


4 . En ce qui concerne la presse, il est urgent de faire quelque chose si on veut sauver les journaux anciens, car le papier de mauvaise qualité utilisé pour les imprimer se dégrade très vite. La BNF financera un projet de 3,5 millions d'euros sur cinq ans (2005-2009) visant à mettre en ligne l'essentiel des titres sur plus d'un siècle, de la Restauration jusqu'en 1944. Dès 2006, on pourra consulter sur Gallica, quatre quotidiens : Le Figaro, La Croix, L'Humanité et Le Temps.

5. Outre-Atlantique, l'initiative de Google signifie la réalisation d'un rêve de grande bibliothèque immatérielle, destinée à mettre l'ensemble des savoirs du monde à la portée de tous. En France, par contre, on pense que ce projet axé sur la culture anglo-saxonne risque de transmettre aux générations futures une vision tronquée du monde. Après discussions entre les pays de l'UE, un projet européen comprenant le développement d'un moteur de recherche européen vient d'être accepté et sera pris en charge par six pays : la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, l'Espagne et la Hongrie et dix-neuf bibliothèques.

6. La technologie à mettre en place n'est pas simple : il faut faire face aux problèmes de langues des documents, éviter les redondances, mettre en réseau les collections déjà numérisées, uniformiser les techniques de numérisation... et l'archivage numérique coûte trois fois plus cher que l'archivage traditionnel. D'un autre côté, les documents numérisés occuperont moins d'espace. Dans une pièce de 50m², on peut stocker l'équivalent de 100 km linéaires de dossiers papier. Alors, au prix actuel de la construction... !

7. Un problème majeur risque aussi d'apparaître dans les années à venir : peut-on garantir que dans le futur, les informations numérisées seront encore utilisables? En effet, les technologies évoluent très vite. Il faudra être particulièrement vigilant et ne pas hésiter à transférer les documents chaque fois que le support risque de disparaître!

ENEFF 2005