Art.46 (16 janvier 2005)

AIDE HUMANITAIRE SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Après le raz-de-marée des dons, la question de la bonne utilisation des fonds récoltés pour les victimes du tsunami en Asie préoccupe les responsables.

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1. Personne n'a échappé à l'immense élan (nm impulse) de générosité né spontanément dès le lendemain du tsunami qui a balayé (to sweep) les côtes de l'Asie de Sud-est (et de l'Afrique de l'Est, dont on a beaucoup moins parlé!). Les actions pour récolter (to collect) des fonds continuent partout dans le monde: collectes (nf collection) dans les entreprises (nf company), à la porte des églises, au sein des associations, dans les galeries marchandes (nf shopping mall), les écoles, soirées organisées au profit de (in aid of) la cause, bénéfices (nm profit) reversés (to transfer) aux organisations humanitaires... Même les opérateurs téléphoniques ont trouvé un moyen de participer en reversant un euro pour tout texto (SMS) envoyé sur le numéro de la Croix-Rouge (un million de messages reçus dès les deux premiers jours). Jamais on n'avait réuni autant de promesses (nf promise) de dons!
Au total l'aide mondiale promise (privée et publique), atteint aujourd'hui près de 10 milliards de dollars, dont 3 milliards formellement notifiés aux Nations unies mais pas versés pour autant. Elle comprend aussi des secours en nature: des équipes médicales et des hôpitaux de campagne, des hélicoptères, des avions cargo, des navires (nm ship), des tentes, ou encore des médicaments, de la nourriture, des équipements de télécommunications...

2. Alors que les milliards de la solidarité internationale affluent (to rush in), les instances internationales, elles, se retrouvent dans l'embarras et les chefs de gouvernement et les responsables onusiens (related to the UN) essaient par tous les moyens de mettre un peu d'ordre dans cet élan de solidarité à l'échelle de la planète.
Ainsi à Aceh, les voies d'accès aux zones sinistrées sont à l'heure actuelle quasi impraticables et très dangereuses. Dans l'aéroport de la ville de Medan aujourd'hui saturé par les vols humanitaires, près de 300 tonnes de marchandises croupissent (to go foul) sous les pluies de la mousson et sont exposées aux risques de détournement (nm embezzlement).
Heureusement, pour faire face à ce problème qui freine la distribution de l'aide, l'Indonésie a ouvert un nouvel aérodrome sur une île située au large de la pointe nord de Sumatra pour décongestionner l'aéroport de Banda Aceh.
Deux semaines après la catastrophe, les dirigeants de la planète se rendent donc compte (to realize) que, pour reconstruire les pays sinistrés, il est urgent de coordonner les efforts sous la bannière de l'ONU. Les Etats-Unis qui, au départ, avaient formé une coalition restreinte pour apporter l'aide d'urgence, ont eux aussi accepté de se ranger derrière l'ONU.
Une fois l'aide de première urgence mise en place (évacuation des cadavres, soins des blessés, recherche des disparus), il faudra s'attaquer à d'autres priorités : assainissement (nm purification) de l'eau, remise en état des infrastructures (ponts, routes, voies ferrées, réseau de gaz et d'électricité, hôpitaux), reconstruction des maisons et des outils de travail, comme les bateaux de pêche.

3. La reconstruction devient donc maintenant une question d'organisation et il faut penser dès à présent à la manière de gérer l'aide énorme qui continue d'arriver de toutes parts.
Mais avant de gérer les fonds promis, il importe de les réunir vraiment!
Leur mise à disposition s'étalera (to spread out) parfois sur plusieurs années et les agences de l'ONU comme l'Unicef, le Programme alimentaire mondial ou l'Organisation Mondiale de la Santé ont, elles, besoin de fonds immédiatement pour nourrir et héberger la population sinistrée et la protéger contre les épidémies. L'ONU attend maintenant de la communauté internationale qu'elle concrétise les promesses aux pays frappés par le tsunami. C'est pourquoi, le 11 janvier, après l'appel à une aide d'urgence de 977 millions de dollars-cash!- lancé par le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, plus de 80 pays, institutions et ONG (Non-Governmental Organization) se sont réunis à Genève lors d'une conférence des donateurs. Cette réunion a permis de confirmer un montant de 717 millions de dollars qui représente 73% de la somme nécessaire pour couvrir les besoins des six prochains mois.
Le plus gros contributeur est de loin le Japon, qui va verser cash 250 millions de dollars dans les prochains jours. Viennent ensuite le Royaume Uni, l'Allemagne, la Norvège et l'Union européenne.
La Chine quant à elle, a annoncé le versement avant la fin du mois d'au moins 50% des 63 millions de dollars promis.
Le cabinet d'audit américain PricewaterhouseCoopers a offert de s'occuper gratuitement du suivi financier des sommes versées, afin de garantir la transparence et de limiter les risques de détournement de l'aide dans des pays où la corruption est endémique, comme l'Indonésie. Les pays donateurs seront ainsi rassurés.

4. Désormais, la machine diplomatique est lancée: après la réunion du 11 janvier à Genève, le lendemain, le 12, les responsables du Club de Paris réfléchiront à un possible aménagement (nm adjustment) de la dette (nf debt) des pays touchés par la catastrophe. Au cours de la même semaine une conférence sur le développement durable des Etats insulaires se tiendra à l'île Maurice . Les ministres du monde entier se réuniront ensuite à Kobe, au Japon, le 18 janvier, pour une réunion des Nations unies sur la prévention des catastrophes. Lors de cette réunion, l'Europe défendra l'idée d'un système d'alerte dans l'océan Indien pour éviter une autre catastrophe aussi meurtrière.

5. La question reste de savoir si les contributions ne risquent pas de diminuer avec la disparition du tsunami de la Une des médias. Les dons "promis" seront-ils encore d'actualité quand ils ne seront plus une occasion de "publicité" pour les donateurs potentiels?
Un tarissement (nm drying up) de l'aide n'est en effet pas une chose rare, et les sinistrés des dernières catastrophes pour lesquelles une aide considérable -mais sans égal avec celle pour l'Asie du Sud-est- avait été promise, n'ont souvent pas vu plus d'un quart des sommes promises.
D'autre part, les organisations humanitaires craignent que la mobilisation en faveur des victimes du tsunami ne fassent oublier les autres crises mondiales, notamment en Afrique. Les victimes de la famine ou de génocides seraient-elles moins "populaires" que les victimes d'un tsunami ou d'un ouragan (nm hurricane)? Parce qu'elles sont le fait de la nature et non de l'homme? Dans notre élan de générosité, n'oublions pas les 26 millions de victimes des "crises oubliées" du reste du monde, de Haïti au Congo en passant par le Darfour.

ENEFF 2005

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