Art.36 (04 août 2004)

LE TOURISME EQUITABLE

Avec des slogans comme : "Bronzez malin (clever)", peu de sites de la planète ont des chances d'échapper aux vagues de touristes qui les envahissent, particulièrement aux beaux jours!

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1. Chaque année, la France, première destination touristique mondiale devant les Etats-Unis et l'Espagne, accueille des dizaines de millions de touristes (77 millions en 2003 pour une population de 61 millions).
Selon l'Organisation Mondiale du Tourisme, ce sont plus de 600 millions de personnes qui se sont déplacées en 2000 dans le monde entier.
Avec une croissance de 7,4% en 2000 (pour une croissance annuelle moyenne de 4,3% durant la décennie 1989-1999), le tourisme arrive en troisième position après le secteur pétrolier (oil) et automobile, pour le revenu, mais en première position tous secteurs confondus pour le taux de croissance.
C'est surtout l'Europe (avec 57% de part de marché en 2000) et l'Amérique du Nord (18%) qui bénéficient des arrivées mais aussi des recettes (n.f.pl. the receipts) du tourisme mondial. (A noter l'entrée de l'Asie sur la scène internationale, avec une croissance spectaculaire passant de 6,1% en 1970 à 16% en 2000).

2. Cette activité est généralement dirigée des "pays riches" vers les "pays pauvres" et ne profite pas pleinement aux populations d'accueil. On estime qu'au minimum 55 à 60% des recettes du tourisme dans le monde reviennent aux pays occidentaux (western).
Les touristes sont dans leur majorité issus de pays occidentaux où l'on trouve d'ailleurs les cinq premiers tours opérateurs et les cinq premières compagnies aériennes , ainsi que les cinq premières chaînes hôtelières du monde.
Plus de la moitié des équipements hôteliers ou de transport (matériel de cuisine, climatisation, vaisselle (n.f. the crockery), décoration, véhicules de location ou de transport pour les excursions, bateaux...(n.m. the ship) ) sont achetés à l'étranger et payés en devises (n.f. the currency) réduisant ainsi les recettes en devises générées par le tourisme.

3. Loin de créer des emplois autres que des emplois subalternes (minor) pour les locaux (femmes de chambre (n.f. the chambermaid), guides, serveurs (n.m. the waiter), chauffeurs...(n.m. the driver)) le tourisme engendre souvent une inflation pour la population locale incapable de payer les produits au même prix que les touristes. La mendicité (n.f. the begging) qui s'installe dans certains pays provoque des conflits familiaux car il n'est pas rare que des enfants ramènent plus d'argent que le père en emploi saisonnier (seasonal) et précaire.
La prostitution (des femmes mais aussi des enfants) est, dans certains pays, un véritable fléau!
Pour construire les complexes hôteliers très rentables, les promoteurs choisissent les endroits les mieux exposés, et la population se trouve expropriée et va grossir la population des villes voire des bidonvilles.
Dans des pays où l'eau est rare, les piscines sont remplies et les pelouses et les golfs sont arrosés et traités au moyen de pesticides, polluant l'environnement et privant la population de l'eau nécessaire à la consommation courante.
Dans certaines régions, le littoral (n.m. the coastline) est complètement bouché (blocked) par les hôtels accessibles uniquement aux clients. La population locale n'a pas accès à ses propres plages!

4. Ces aspects sont sans doute moins connus que les dégradations (n.f. the damage) de l'environnement, très médiatisées. Les safaris en Afrique, aujourd'hui interdits, ont contribué à la disparition d'espèces (n.f. the species) menacées comme les rhinocéros ou les éléphants. Les pentes du Mont Blanc et de l'Himalaya sont jonchées (v.gr.1 to strew) de détritus (n.m.pl. the refuse). Certaines pointes (n.f. the headland) de la Bretagne (n.f. Brittany) sont maintenant protégées par des barrières pour éviter que les promeneurs ne détruisent inexorablement la flore pratiquement disparue en de nombreux endroits.
Les temples d'Asie (notamment Angkor) et les sites archéologiques (Egypte, Turquie, Amérique centrale...) sont convoités par les pilleurs (n.m. the plunderer) de trésors ou détruits par les guerres.
L'afflux (n.m. the crowd) de touristes et la pollution qu'ils amènent sont mortels pour certains sites. C'est ainsi qu'à Lascaux, la grotte (n.f. the cave) où l'on a retrouvé les magnifiques fresques préhistoriques, le site se dégradait tellement qu'on a décidé de le fermer aux visites. On a par contre construit une grotte à l'identique, à côté de l'originale, avec des moyens techniques sophistiqués, qui, elle, est visitée chaque année par des centaines de milliers de touristes (270 000 en 2003).

5. Malgré une légère récession à partir de 2001, due sans doute en partie aux événements du 11 septembre, mais aussi à la crise économique, le tourisme continue de déplacer (v.gr.1 to shift) des millions de personnes chaque année. De plus en plus, on prend conscience de ses méfaits (n.m. the misdeed) et on tâche (v.gr.1 to try) d'y remédier.
C'est ainsi que naît le concept du Tourisme durable ou encore Tourisme équitable, qui veut responsabiliser les acteurs du tourisme : les opérateurs touristiques, les touristes eux-mêmes, les autorités locales et les populations touchées. L'objectif est de mieux connaître et faire connaître le pays visité, sa population et sa culture et faire en sorte (v.gr.3 to see to it) que les touristes n'exploitent pas les habitants, mais leur fournissent les moyens de vivre dignement et respectent les ressources, l'environnement et le travail de ceux qui les accueillent.

6. En 2000, l'Organisation Mondiale du Tourisme a élaboré un Code Mondial d'Ethique du Tourisme, co-signé par l'ONU. Les signataires s'engagent entre autres à limiter leurs activités si elles s'exercent dans des zones sensibles : régions désertiques, polaires, zones côtières et à respecter l'environnement et les coutumes locales.

7. Ce Code Mondial suffira-t-il pour rendre le tourisme équitable, ou faudra-t-il avoir recours à des solutions plus draconiennes?
Pour limiter l'impact des touristes sur les grands sites naturels et culturels, plusieurs solutions sont proposées.
La première est basée sur l'argent : pratiquer des prix prohibitifs pour limiter le nombre de visiteurs.
Pour d'autres sites, on choisit la solution des quotas: par exemple on limite le nombre de places de parking sur un site et lorsqu'il est plein, les voitures sont refoulées (v.gr.1 to force back).
Ou encore, on limite le nombre de licences pour certaines activités, comme la plongée dans la réserve des îles Medas sur la Costa Brava.
Enfin, on peut faire une sélection sur la difficulté : au lieu d'aménager (v.gr.1 to fit out) le site pour le plus grand nombre, on rend l'accès plus compliqué ou plus pénible.

Alors, vous qui partez en vacances cet été, soyez un touriste responsable!

ENEFF 2003

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